topblog Ivoire blogs Créez votre blog Envoyer ce blog à un ami

Plateforme publicitaire Africaine

04.09.2009

reportage

Vendeurs de vêtements, de produits cosmétiques,…dans les marchés

Des stratèges du marketing à l’ivoirienne

Appâter les clientes à tout prix

Les vendeurs de vêtements, de produits cosmétiques et même d’aliments installés dans nos différents marchés ne manquent pas d’imagination quand il s’agit d’amener la population à acheter leurs marchandises. Bien qu’ils essuient des quolibets de nombre de clients, les vendeurs loin de se décourager pour autant ont une drôle de manière d’inciter les clients, particulièrement les femmes à dépenser de l’argent dans leur magasin



.
le 3 Août 2009, nous nous rendons au marché d’Adjamé. Ce sont les vacances et le marché grouille encore plus de monde que de coutume. Non loin du grand marché d’Adjamé, sont construits de nombreux magasins aux abords de la voie principale du boulevard "Nangui Abrogoua", quelques hommes installés de part et d’autre du boulevard accostent les femmes qui passent leur chemin ou qui jettent un coup d’œil furtif sur les vêtements exposés sur des mannequins à l’entrée des magasins. Nous sommes repérés par un vendeur qui s’agrippe à notre avant-bras, malgré nos protestations. Il l’attrape fortement et se met à nous vanter les vêtements "extraordinaires" de son magasin qu’il qualifie de "choco"(jargon ivoirien utilisé pour désigner un objet de luxe ou une personne aisée). « Maman, vient dans mon magasin, y a pour toi là-bas, tout ce que tu veux, jeans, body, les nouvelles tendances de robes. Pardon viens juste jeter un coup d’œil et puis tu t’en vas. Même si tu n’as pas l’argent aujourd’hui, tu peux en avoir demain, il faut juste venir regarder ce que je vends dans mon magasin et puis tu vas partir», nous supplie dans un débit d’accent à peine compréhensible, Prosper K ; vendeur dans un magasin de vêtement. Ce dernier d’ailleurs ne lâche notre main qu’après s’être assuré que nous le suivons. Une fois que nous entrons dans le magasin, nous sommes accueillie par trois autres vendeurs. Prosper nous explique alors que ce sont ses collègues. « Maman, tu veux de l’eau ou bien tu préfères qu’on prenne du Coca-Cola pour toi. Tu es fatigué, tu vas te désaltérer d’abord », nous demande Médard, un des collègues de Prosper. Ce dernier nous confie qu’il vend des vêtements pour les femmes depuis très longtemps. « Ça fait 17ans que je suis dans ce métier donc je connais les femmes et je sais ce qu’elles aiment », nous confie t-il avec assurance.
Ils déballent devant nous une panoplie de vêtements qu’ils apprécient selon leur dire en fonction du teint ou de la forme de la cliente. Touchant un ensemble plus longtemps que les autres, nos conseillers de tenue vestimentaire d’un jour nous demande de l’essayer quand bien même nous voulons savoir le prix du vêtement. « Maman faut l’essayer d’abord, le prix n’a pas d’importance ici. Nous, on va t’arranger ». Ainsi le coup d’œil qu’ils nous ont proposé s’est mué en une possibilité d’achat du vêtement. C’est pratiquement le même scénario pour tous les clients que les vendeurs (qui se situent aux 220 Logements, à Adjamé, Treichville; Marcory, Koumassi,…) pêchent dans la rue et séduisent par leur parler, leur galanterie et les compliments. Certains vont même plus loin, en cherchant les origines de la cliente, juste pour lui dire qu’ils ont un lien de parenté ou viennent de la même région. En d’autres termes, qu’ils sont des frères. D’autres vendeurs, plus comiques, entament avec les clientes potentielles qu’ils croisent dans la rue des conversations à sens unique. Ils les nomment Marie claire si elles sont de teint clair ou Anne-Marie, si elles ont un teint d’ébène. « Marie-Claire, bonjour. Tu es venu acheter ta chaussure pour le mariage de ta cousine non ! C’est ici. Tu ne te rappelles plus de moi ou quoi ?», nous a interpellé un autre vendeur du nom d’Ignas, à la sortie du premier magasin. Si l’on s’en tient aux propos des vendeurs rencontrés, ils utilisent ces astuces pour vendre leur produit parce qu’ils estiment tout simplement que les temps sont devenus difficiles pour écouler ne serait-ce qu’un lot de marchandises. Cette approche constitue donc pour eux, le seul moyen pour pouvoir vendre ce qu’ils ont sous la main. « Quand nous attrapons les mains de nos clientes c’est pour qu’elles visitent nos magasins. Si on ne fait pas cela, on ne va rien vendre », nous a dit Patco, installé depuis une dizaine d’années. Et d’affirmer que très souvent, ils suscitent l’achat chez elles. « Ce n’est pas toutes les femmes qui viennent au marché pour acheter des chaussures ou vêtements, mais à force de nous écouter et de voir ce que nous vendons, elle veut l’avoir. Dans ce cas, on lui permet de faire des réservations ». La réservation consiste à donner une avance sur le prix de l’article et de le payer par la suite à son rythme. Elle reçoit en retour un reçu.
Les commerçantes de fruits ne sont pas en marge de cette astuce. En effet, pour attirer les clients, elles placent de façon disposée, leurs fruits dans une bassine qu’elles couronnent par un de mûr et agréable à voir à l’œil. Ce fruit coupé est la preuve de leur véracité selon laquelle le fruit proposé est mûr, pas du tout aigre, voire sucré. Certaines vont même plus loin en affirmant à leur client que tous les fruits proviennent du même arbre.
En dépit de la crise qui réduit considérablement le pouvoir d’achat de la population, les vendeurs ne veulent pas baisser les bras et s’apitoyer sur leur sort. Pour eux, la devise est "il faut toujours persévérer dans la vie" et surtout avec les vacances, ils comptent redoubler d’ardeur dans leur technique de se faire une clientèle quitte à essuyer des injures de bon nombre d’entre elles qui les trouvent agaçants et harassants.
Cinthia R Aka

Commentaires

félicitatin, il faudra illustrer tes articles. sinon c'est bon

Ecrit par : Roger Kassé | 06.09.2009

Écrire un commentaire